Le plus grand centre médical de France est à Marseille

centre médical

A terme, ils seront cent. Une centaine de médecins, généralistes et spécialistes, ainsi que des infirmières, des kinés, des dentistes, pharmaciens, regroupés au sein d’un énorme cabinet médical de 4000 m², qui proposera des consultations dans toutes les disciplines.

Une nouvelle maison médicale ? « Non : vu l’ampleur du projet, on parle carrément de village médical ! », tranche Thomas Bouchard, chargé du développement stratégique de ce qui va devenir le plus grand cabinet médical de France.

Ce projet s’inscrit en droite ligne du rapport Larcher de 2007, et des diverses propositions ministérielles entendues depuis pour favoriser l’émergence de maisons de santé. « Nous n’avons pourtant bénéficié d’aucune aide publique », précise le promoteur Marc Donia, qui, avec son associé Robert Revel, a investi 7 millions d’euros dans cette opération, dont l’enjeu relève clairement de la santé publique.

Une oasis de soins

Car ce « village santé » de standing, doté de plateaux techniques dernier cri, d’une clinique dentaire et d’un parking visiteurs, n’est pas implanté sur le Prado ou sur la colline Périer. Mais en plein coeur des quartiers Nord, Boulevard Charles Moretti, au Canet, dans ce 14e arrondissement en pleine désertification médicale. Une oasis de soins censée irriguer tout le secteur . « Ce village de médecins est un pari sur l’avenir : cette structure est capable d’opérer un rapprochement Nord-Sud pour les médecins et paramédicaux, de casser la frontière », poursuit Thomas Bouchard.

Pour réduire cette fameuse frontière Nord-Sud, qui se traduit par une santé à deux vitesses à Marseille (lire ci-dessous ), le village santé proposera aussi un accueil 24h/24 des petites urgences, où seront organisés les premiers soins. Autre enjeu de santé publique : le désengorgement des urgences hospitalières, la permanence des soins, et la prise en charge en amont des patients, dont les plus sévères seront réorientés vers l’hôpital Nord ou l’hôpital privé Européen. Une offre concurrentielle ? « Non, un travail complémentaire. Nous ne jouons pas dans la même catégorie », assure Thomas Bouchard.

À ce jour, 45 % des locaux sont déjà réservés, dans des spécialités variées, gastro-entérologie, cardiologie, néphrologie, endocrinologie, etc…

À plein temps ou vacataires, les praticiens sont libres de facturer leurs actes en secteur conventionné ou en honoraires libres. « Notre rôle se limite à mettre à leur disposition des locaux, des plateaux techniques, un labo, une pharmacie et s’ils le souhaitent des prestations de secrétariat. Leur seule obligation est de respecter une charte de qualité. On reste dans une médecine libérale, mais exercée en complémentarité dans le cadre d’un projet médical ».

Zone franche

Outre les avantages du travail en cabinet, les médecins et paramédicaux bénéficient, pour au moins une année encore, des exonérations fiscales de la zone franche urbaine. Autant d’incitations qui ont déjà décidé des praticiens « sudistes » (exerçant à Saint Joseph, Bouchard ou Sainte-Marguerite) à venir donner des consultations « au nord ».

Unique en France de par son ampleur, le village santé Méditerranée devrait accueillir ses premiers patients à la fin de l’été. Les initiateurs du projet pourraient ne pas s’arrêter là : « Si ça marche, on créera d’autres villages ».

480 spécialistes dans le 8e arrondissement de Marseille, 43 dans le 15e

Pour vivre vieux à Marseille, mieux vaut habiter la rue Paradis, le Prado, la Vieille Chapelle. Dans les beaux quartiers, le risque de rendre l’âme avant 65 ans est 23 % inférieur à la moyenne nationale. À l’inverse, la surmortalité grimpe de 30 % dans les quartiers Nord. Soit un écart d’espérance de vie qui peut atteindre 70 % entre un arrondissement et un autre.

Cette carte de la surmortalité à Marseille recoupe parfaitement celle du niveau de vie des habitants. Mais aussi celle de l’offre de santé, très inégalitaire dans la cité phocéenne, où le Nord est menacé de désertification médicale, alors que le sud regorge de praticiens. 480 spécialistes sont installés dans le 8e arrondissement. À population équivalente, ils ne sont que… 43 dans le 15e. L’offre de soins des quartiers Nord est de surcroît mal répartie et se concentre dans les noyaux villageois. La mauvaise desserte des transports en commun rendant l’accès aux soins plus difficile encore.

Au sud, se concentrent 75 % des lits hospitaliers. Le nord, où vit plus d’un Marseillais sur deux (54 %), possède seulement 25 % de l’offre hospitalière.

Sous-équipés en imagerie lourde, les habitants des quartiers nord attendent en moyenne deux fois plus longtemps (un mois et demi à 3 mois) pour obtenir un rendez-vous pour passer un scanner.

Voilà pour le diagnostic de cette « fracture sanitaire » dont les symptômes s’expriment nettement sur la santé des habitants.

Dans les quartiers nord, par exemple, le pourcentage d’enfants en surpoids ou obèses ne cesse d’augmenter (8 %). Ces mêmes enfants ont deux fois plus de dents cariées que dans le reste de la ville.

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